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Alexis Charles Henri Clérel, comte de Tocqueville

1805–1859

  • Député de la Manche (1839–1851)
  • Ministre des Affaires étrangères (juin-octobre 1849)
  • Auteur de « De la démocratie en Amérique »
Colonisation
1monument ou statue en France
8établissements publics en France
41rues et places en France
44communes concernées
Aucune pétition recensée
Aucune pétition recensée. Le débat sur Tocqueville porte sur la lecture de son œuvre plus que sur la voirie.
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L'héritage de Tocqueville est double, et cette fiche existe pour documenter le second sans effacer le premier.

Le premier est celui que l'on enseigne : De la démocratie en Amérique (1835-1840), une des œuvres fondatrices de la pensée libérale, et un engagement abolitionniste réel — il est rapporteur en 1839 de la commission parlementaire sur l'abolition de l'esclavage dans les colonies, qu'il défend, assortie toutefois d'une indemnisation des propriétaires. Il rejette également le déterminisme racial de Gobineau, avec lequel il correspond.

Le second tient à l'Algérie. Tocqueville s'y rend en 1841 puis en 1846, et en tire un Travail sur l'Algérie (octobre 1841) et deux Rapports sur l'Algérie présentés à la Chambre en 1847. Dans le chapitre « Quelle espèce de guerre on peut et on doit faire aux Arabes  », il écrit : « Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire soit en détruisant les moissons, soit dans tous les temps en faisant de ces incursions rapides qu'on nomme razzias et qui ont pour objet de s'emparer des hommes ou des troupeaux.  » Il juge l'interdiction du commerce le moyen le plus efficace de réduire les tribus, et affirme que ces actes ne le révoltent pas plus que d'autres qu'autorise le droit de la guerre.

Ce n'est pas une note marginale : ces textes sont écrits au moment où Bugeaud systématise la razzia, et ils lui donnent une caution intellectuelle et parlementaire. Tocqueville critique par ailleurs le gouvernement militaire de l'Algérie et plaide pour une colonisation civile ; la contradiction entre son libéralisme et son adhésion à la conquête est précisément ce que ses lecteurs discutent depuis.

Comme pour Jules Ferry, cette fiche décrit un cas, elle ne le tranche pas.

Repères

  • 1839Rapporteur de la commission parlementaire sur l'abolition de l'esclavage aux colonies.
  • 1841Voyage en Algérie, puis « Travail sur l'Algérie » justifiant la razzia et la destruction des récoltes.
  • 1847Deux rapports sur l'Algérie présentés à la Chambre des députés.
  • 1849Ministre des Affaires étrangères, de juin à octobre.

Où, en France

Précaution sur le comptage
Le patronyme se confond avec quatre communes normandes et avec d'autres membres de la famille. Les voies sans prénom situées près de ces communes sont écartées ; celles qui portent « Alexis » sont retenues partout. Le comptage est une borne basse.

Sources

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Comptage établi sur 50 entrées distinctes d'après OpenStreetMap. Les tronçons d'une même rue sont regroupés.