Robert Surcouf
1773–1827
- Corsaire malouin
- Armateur
La mémoire de Robert Surcouf est celle du corsaire, de la prise du Kent en 1800 et d'une répartie légendaire à un officier anglais. Ses débuts en mer sont d'une autre nature. Entre 1789 et 1795, le jeune Malouin navigue sur des navires négriers assurant la liaison entre le Mozambique et l'Île de France, l'actuelle Île Maurice, où la main-d'œuvre servile alimente les plantations de canne.
En 1794 et 1795, commandant la Créole, il transporte des captifs africains vers l'Île de France alors que la Convention a aboli l'esclavage par le décret du 16 pluviôse an II, en février 1794. Le trafic est donc illégal, et sa cargaison est saisie à l'arrivée. Cet épisode n'a rien d'un accident de jeunesse isolé : il s'inscrit dans l'économie malouine et nantaise de l'époque, où course et traite relèvent des mêmes armateurs et des mêmes capitaux.
Devenu l'un des hommes les plus riches de Saint-Malo, Surcouf est aujourd'hui l'un des personnages les plus honorés de la toponymie littorale française. Le contraste entre cette célébration et l'origine négrière de sa carrière est ce qui motive son inscription ici.
Repères
- 1789Premières campagnes sur des navires négriers vers le Mozambique.
- 1794Transporte des captifs malgré le décret d'abolition de février 1794.
- 1795Sa cargaison humaine est saisie à l'arrivée à l'Île de France.
- 1800Prise du Kent, qui fonde sa légende de corsaire.
Où, en France
Sources
- Robert Surcouf, Wikipédia
- Décret d'abolition de l'esclavage de 1794, Wikipédia
- Traite négrière et armement malouin, Mémorial de l'abolition de l'esclavage, Nantes
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