Joseph Simon Gallieni
1849–1916
- Officier colonial
- Gouverneur général de Madagascar (1896–1905)
- Maréchal de France à titre posthume (1921)
Monument

Haut d'environ huit mètres, le monument dresse une statue de bronze de Gallieni au sommet d'un socle porté par quatre cariatides de pierre. Ces quatre figures féminines représentent Paris et les trois territoires où il a servi : le Tonkin, le Soudan français et Madagascar.
La composition dit tout de son époque. Les colonies sont figurées en femmes soumises, littéralement écrasées sous le poids du militaire qui les a conquises. Paris porte le bonnet phrygien, tandis que la figure de Madagascar est représentée les seins nus. L'historienne de l'art June Hargrove relève l'usage assumé de « physionomies ethniques » pour distinguer les quatre allégories.
Installé d'abord sur l'esplanade des Invalides, le monument est déplacé place Vauban lors de l'Exposition de 1937. Depuis 2020, il fait l'objet de protestations répétées et d'actions de recouvrement. La politologue Françoise Vergès y lit un symbole « de vol, de viol et de soumission ».
Photo Celette, CC BY-SA 4.0
Joseph Gallieni est l'une des figures centrales de l'expansion coloniale française de la fin du XIXe siècle. Après le Soudan français et le Tonkin, il est nommé en 1896 résident général puis gouverneur général de Madagascar, île tout juste annexée.
Il y met fin à la monarchie merina, exile la reine Ranavalona III à La Réunion puis en Algérie, et fait exécuter en octobre 1896 le ministre Rainandriamampandry et le prince Ratsimamanga, accusés de complicité avec l'insurrection. La répression du soulèvement des Menalamba est conduite selon la doctrine dite de la « tache d'huile » qu'il théorise avec Lyautey : progression méthodique, destruction des villages insoumis, réinstallation forcée des populations. Il instaure aussi la « politique des races », qui fige et instrumentalise les divisions ethniques de l'île, et un régime de travail forcé.
Sa mémoire en France est presque exclusivement celle du gouverneur militaire de Paris de 1914 et des « taxis de la Marne », épisode qui a largement effacé les vingt années précédentes. C'est ce décalage entre la mémoire hexagonale et la mémoire malgache qui fait l'objet des contestations actuelles.
Repères
- 1896Abolition de la monarchie merina et exil de la reine Ranavalona III.
- 1896Exécution de Rainandriamampandry et du prince Ratsimamanga.
- 1897Répression du soulèvement des Menalamba, destruction de villages entiers.
- 1914Gouverneur militaire de Paris, réquisition des taxis pour la Marne.
Où, en France
Sources
- Joseph Gallieni, Wikipédia
- Madagascar 1947 : la tragédie oubliée, Jean Fremigacci et al.
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